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Written by: Samira Njoya

Dans un contexte de pressions financières croissantes, le Kenya mise sur le numérique pour automatiser ses paiements. L’idée est de renforcer la transparence, la rapidité et le contrôle, tout en modernisant ses systèmes de finances publiques.

Le Trésor national du Kenya a annoncé, le mardi 27 janvier, le lancement prochain d’un système numérique destiné à automatiser les paiements de la dette extérieure. L’information a été communiquée par le secrétaire principal du Trésor, Chris Kiptoo, à l’issue d’un briefing de l’équipe projet, en présence de représentants du Bureau du contrôleur du budget, du vérificateur général et de la Banque mondiale.

La plateforme devrait être opérationnelle à partir du lundi 2 février 2026, avec une période de fonctionnement parallèle d’un mois pour assurer une transition sécurisée.

Le système intégrera plusieurs dispositifs clés : le système de gestion de la dette Meridian, le système de taux de change de la Banque centrale du Kenya, ainsi que les processus de demande et d’approbation du Trésor public. Cette architecture vise à automatiser l’ensemble de la chaîne de paiement, de la génération des instructions à leur approbation et exécution, remplaçant ainsi les procédures manuelles par des flux de travail numériques sécurisés. Selon Chris Kiptoo, cette réforme devrait réduire les retards et les erreurs tout en améliorant la surveillance des obligations financières du pays.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la dette extérieure du Kenya représente près de la moitié de la dette publique totale. À la fin de 2025, la dette extérieure s’élevait à environ 5,5 milliards de shillings (42 milliards $), sur une dette publique totale dépassant les 11 000 milliards de shillings. L’importance de ces engagements rend cruciale la mise en place de mécanismes transparents et fiables pour le service de la dette, en particulier alors que Fitch souligne des besoins de financement croissants et la nécessité de gérer efficacement les emprunts extérieurs en 2026.

En modernisant la gestion des paiements de la dette, cette plateforme pourrait accélérer le traitement des transactions, renforcer la transparence et améliorer la traçabilité des fonds publics. Elle devrait également contribuer à une meilleure coordination entre les différents organismes gouvernementaux et à une supervision plus rigoureuse des obligations financières.

Toutefois, le passage à un système entièrement numérique soulève des défis en matière de cybersécurité, notamment la protection contre les intrusions, les fraudes et les défaillances techniques. La sécurisation des données sensibles et la résilience du système face aux cyberattaques seront déterminantes pour garantir la fiabilité et la continuité du paiement de la dette.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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