Written by: Isaac K. Kassouwi
De nombreux pays africains misent sur la transformation numérique pour soutenir leur développement socio‑économique. La cybersécurité est considérée comme une condition préalable pour tirer pleinement parti des TIC.
Le Parlement somalien a officiellement approuvé, le lundi 26 janvier, la loi sur la cybersécurité. Cette adoption vient renforcer le cadre réglementaire national, dans un contexte d’efforts accrus des autorités pour assurer la sécurité du cyberespace du pays.
𝐒𝐨𝐦𝐚𝐥𝐢𝐚’𝐬 𝐏𝐚𝐫𝐥𝐢𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐀𝐩𝐩𝐫𝐨𝐯𝐞𝐬 𝐭𝐡𝐞 𝐂𝐲𝐛𝐞𝐫𝐬𝐞𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐲 𝐋𝐚𝐰
Mogadishu, Somalia – January 26, 2026 — The House of the People of the Federal Parliament of Somalia has today officially approved Somalia’s Cybersecurity Law, which aims to protect… pic.twitter.com/7XOgRDLp5A
— NCA Somalia (@SomaliaNCA) January 26, 2026
Selon la National Communications Authority (NCA), le texte établit un cadre national de gestion de la cybersécurité. Il précise notamment les responsabilités du ministère des Communications, le rôle technique du régulateur télécoms, les obligations des opérateurs d’infrastructures critiques, ainsi que les mécanismes de prévention, de signalement et de réponse aux incidents cybernétiques.
Le texte prévoit également la création de l’équipe somalienne de réponse aux incidents informatiques (SOM‑CIRT), ainsi que la mise en place d’un comité de cybersécurité composé de neuf membres et d’un centre d’intervention d’urgence chargé de coordonner les réponses rapides aux incidents.
« La loi sur la cybersécurité devrait jouer un rôle clé dans le renforcement de la confiance numérique, le soutien à la croissance de l’économie numérique et l’intensification de la coopération entre les institutions publiques, le secteur privé et les partenaires internationaux », a indiqué le régulateur télécoms dans un communiqué.
En août 2025, le gouvernement somalien avait approuvé le projet de loi sur la cybercriminalité. En mars 2023, la loi sur la protection des données (Data Protection Act) entrait en vigueur. Celle‑ci a notamment conduit à la création de l’Agence de protection des données (ADP), chargée de veiller à son application.
Au‑delà du cadre réglementaire, la Somalie mise sur la coopération internationale pour assurer la protection de son cyberspace. Le pays a par exemple signé en août 2025 un protocole d’accord avec la Malaisie, considérée comme l’un des modèles mondiaux en matière de cybersécurité. En novembre 2024, le pays s’était déjà rapproché de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour renforcer sa capacité à lutter contre les crimes perpétrés sur Internet.
Ces efforts interviennent dans un contexte de recrudescence des cybermenaces. Dans son rapport « State of Cybersecurity in Somalia 2024 », Abdullahi Guled, consultant auprès du ministère des Communications, a indiqué que la Somalie a connu plusieurs incidents en 2024, même si une bonne partie n’a pas été rendue publique. Il s’agit notamment d’attaques par rançongiciel contre des institutions publiques et de tentatives d’hameçonnage visant le secteur financier. Par exemple, en novembre 2025, la plateforme e‑visa a été piratée, compromettant les données personnelles de plusieurs milliers de personnes.
Pour rappel, la Somalie a été classée au quatrième pallier (Tier 4) sur 5 dans le « Global Cybersecurity Index 2024 » de l’Union internationale des télécommunications (UIT), « témoignant d’un engagement de base en matière de cybersécurité ». Le pays doit toutefois intensifier ses efforts, notamment en matière de mesures techniques, légales et de développement des capacités. Il a enregistré un score global de 37,38 sur 100.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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