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Written by: Isaac K. Kassouwi

Le gouvernement mauritanien accélère la digitalisation des services publics pour soutenir sa transformation numérique. Dans le secteur des transports, l’obtention des cartes grises et le système numérique du trafic routier sont déjà accessibles sur la plateforme nationale dédiée.

Les autorités mauritaniennes travaillent sur la dématérialisation des procédures d’obtention des permis de conduire. L’initiative s’inscrit dans une vision plus large de digitalisation des services publics afin d’en faciliter l’accès pour les populations.

Le projet était au cœur d’une réunion de travail sur la digitalisation des services des transports tenue le mardi 10 mars. La réunion a rassemblé le ministre de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration, Ahmed Salem Bede, et son homologue chargé de l’Équipement et des Transports, Ely Ould Veirek.

Au cours de la rencontre, les deux ministres ont suivi une démonstration technique détaillée d’un nouveau dispositif numérique en cours de déploiement pour transformer le parcours d’obtention du permis de conduire. Toutes les étapes seront dématérialisées : inscription à distance, passage de l’examen et délivrance numérique et sécurisée du permis. Le système devrait réduire l’intervention humaine et renforcer la fiabilité du document délivré.

« Ce projet traduit les orientations des hautes autorités en matière de modernisation de l’administration publique et de simplification des démarches publiques. Il place les usagers au cœur d’une administration qui avance, pour des services publics à la hauteur des attentes des citoyens », a déclaré le ministère de la Transformation numérique et de la Modernisation de l’administration dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Cette initiative intervient environ deux semaines après que les autorités ont lancé une plateforme répertoriant 800 démarches administratives pour faciliter l’accès des populations aux informations. Ces démarches seront progressivement ajoutées à la plateforme nationale de services numériques, « Khdamati ». Cette dernière compte déjà des services comme l’inscription des étudiants à l’Université de Nouakchott, le Système numérique du trafic routier (SNTR), la création d’entreprise, la demande d’agrément au Code des investissements, la délivrance du casier judiciaire, des cartes grises, des certificats de perte pour documents officiels…

Il convient toutefois de rappeler que le calendrier précis de mise en service du dispositif n’est pas encore connu. Par ailleurs, la question de son adoption par les usagers se pose. Selon les dernières données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), la couverture 2G atteignait 97 % de la population mauritanienne en 2023. En 2022, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 43,9 % et 34,7 % de la population. Par ailleurs, selon DataReportal, la Mauritanie comptait environ 2 millions d’utilisateurs d’Internet à fin décembre 2025, soit un taux de pénétration de 37,4 %.

Au-delà de la couverture et de la qualité des réseaux, l’adoption des services numériques dépend également de l’accès aux terminaux compatibles. D’après la Banque mondiale, 56,61 % des Mauritaniens âgés de plus de 15 ans possédaient un smartphone à fin 2024. D’autres facteurs peuvent aussi influencer l’usage effectif des services dématérialisés, notamment le niveau de compétences numériques des populations ou encore l’accessibilité financière des offres Internet.

Isaac K. Kassouwi

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