Les membres d’ISHAKA 2250 lors d’une réunion de coordination avant une visite de sensibilisation auprès des familles vivant sur le site de réimplantation planifiée de Gateri au Burundi. Photos : OIM 2026/Kenny B. Irakoze

Genève, Suisse, 10 Juin 2026-/African Media Agency(AMA)/- Partout en Afrique de l’Est, le changement climatique est en train de bouleverser la vie quotidienne. Le long des rives du lac Tanganyika, au Burundi, la montée des eaux engloutit les habitations et oblige les familles à effectuer une réimplantation. Dans l’ouest du Kenya, des inondations récurrentes continuent de perturber la vie dans les établissements informels. À mesure que les chocs climatiques deviennent plus fréquents et plus graves, ils influencent de plus en plus la manière dont les gens vivent et l’endroit où ils vivent, déplaçant des milliers de personnes et mettant à l’épreuve la capacité d’adaptation des communautés.

Pourtant, face à ces défis, des jeunes proposent des solutions concrètes, aidant les communautés à renforcer leur résilience et à se préparer à un avenir incertain.

« Parfois, l’eau ne se contente pas de monter et de redescendre », explique Cadeau Niyorugero, cofondateur d’ ISHAKA 2250, une organisation dirigée par des jeunes qui promeut l’action climatique et la viabilité au Burundi. « Elle reste. Les gens ne partent pas parce qu’ils le veulent. Ils partent parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. »

Quartiers en inondés à Gatumba, au Burundi, à la suite de fortes pluies qui ont provoqué des déplacements et contraint des familles à quitter leur domicile. Photos : OIM 2026/Kenny B. Irakoze

Partout au Burundi, les saisons, autrefois prévisibles, deviennent de plus en plus incertaines, affectant les moyens de subsistance, les habitations et la capacité des familles à rester dans leurs communautés.

« Le changement climatique n’est plus seulement un sujet dont on entend parler aux informations. Nos communautés en subissent les impacts au quotidien », explique-t-il.

Les fortes pluies et les inondations perturbent l’agriculture, endommagent les infrastructures et compromettent les moyens de subsistance. Pour les communautés qui dépendent largement de l’agriculture, il devient de plus en plus difficile de se remettre de chaque nouveau choc.

« Dans certains endroits, les gens essaient de rester et de reconstruire », explique Cadeau. « Mais dans d’autres, surtout près du lac, le niveau de l’eau ne cesse de monter. Des quartiers entiers qui existaient autrefois ont aujourd’hui disparu. »

Les femmes, les jeunes et les personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI) comptent parmi les plus touchés, confrontés à des moyens de subsistance limités et à une exposition répétée aux chocs liés au climat.

En réponse, ISHAKA 2250 travaille aux côtés des communautés de Gateri, une zone de réimplantation planifiée qui accueille des familles déplacées de Gatumba par de graves inondations liées à la montée du niveau du lac et aux pluies saisonnières intenses . Son travail se concentre sur le renforcement de la résilience tant environnementale qu’économique.

« Nous plantons des arbres fruitiers et des espèces indigènes pour restaurer l’environnement tout en aidant les familles à reconstruire leurs moyens de subsistance », explique Cadeau. « Nous fournissons également du bétail pour soutenir la génération de recettes et aider les familles à devenir plus autonomes. »

Les membres d’ISHAKA 2250 lors d’une réunion de coordination avant une visite de sensibilisation auprès des familles vivant sur le site de réimplantation planifiée de Gateri au Burundi. Photos : OIM 2026/Kenny B. Irakoze

Au cœur de cette initiative se trouve le leadership des jeunes, non pas comme un rôle symbolique, mais comme une force motrice pour l’action et l’innovation.

« Les jeunes comptent parmi les plus touchés par le changement climatique, mais nous faisons aussi partie de la solution », dit-il. « Nous apportons de l’énergie, des idées et un lien fort avec nos communautés. Nous pouvons aider à transformer la prise de conscience en action. »

À des centaines de kilomètres de là, dans l’ouest du Kenya, les communautés sont confrontées à une réalité différente mais tout aussi perturbante. À Nyalenda, un établissement informel de Kisumu, les inondations récurrentes continuent de marquer le quotidien et de forcer les familles à quitter leurs maisons.

« Vous voyez cette marque ? », demande Tracey Ogola en désignant une ligne laissée par l’eau qui s’étend presque jusqu’à mi-hauteur du mur d’une maison. « Lorsque les inondations sont à leur paroxysme, l’eau peut atteindre ce niveau. Les familles doivent souvent quitter leur domicile et attendre qu’il soit sûr de pouvoir y retourner. »

Située le long de rivières qui se jettent dans le lac Victoria, la région subit de fréquentes inondations pendant les périodes de fortes pluies, souvent dues au reflux du lac. La montée du niveau de l’eau, l’insuffisance des systèmes de drainage, la pollution par les déchets plastiques et les quartiers situés dans des zones inondables contribuent tous aux difficultés auxquelles la communauté est confrontée.

Pour de nombreux résidents, le déplacement est devenu un cycle récurrent. Les familles partent lorsque les eaux montent et effectuent un retour lorsque les conditions s’améliorent. Au fil du temps, cependant, ces perturbations répétées rendent la reconstruction plus difficile, certaines maisons finissant par devenir inhabitables.

Lors de fortes pluies, les eaux de crue envahissent les habitations à Nyalenda, au Kenya, forçant les familles à se déplacer temporairement. Photos : OIM 2026/Wendy Gloria Adhiambo

Tracey fait partie de Dreams Redefined Community-Based Organization, une organisation dirigée par des jeunes et des femmes qui œuvre depuis longtemps pour relever les défis sociaux et économiques affectant les femmes et les filles à Nyalenda. Cependant, à mesure que les inondations devenaient plus fréquentes et imprévisibles, l’organisation a pris conscience que les impacts climatiques sapaient les progrès réalisés dans de nombreux autres domaines du développement communautaire.

« Avec le temps, nous avons compris que même si nous soutenons les moyens de subsistance et la santé, les familles de Nyalenda ne peuvent pas s’épanouir si elles doivent constamment faire face aux impacts du changement climatique », explique la fondatrice, Yvonne Ogollah. « C’est pourquoi nous avons décidé d’intégrer l’action climatique dans nos programmes. »

Aujourd’hui, l’organisation associe l’action environnementale à la résilience communautaire. Son approche consiste notamment à améliorer la gestion des déchets pour éviter l’obstruction des systèmes de drainage, à promouvoir des pratiques respectueuses de l’environnement telles que l’utilisation de serviettes hygiéniques réutilisables, et à renforcer les connaissances financières afin d’aider les ménages à se préparer aux chocs futurs.

Bien que les réalités auxquelles sont confrontées les communautés au Burundi et au Kenya diffèrent, ces deux initiatives partagent un point commun. Elles sont portées par de jeunes leaders qui sont allés au-delà de la simple compréhension des risques climatiques pour développer activement des solutions pour leurs communautés.

Cadeau et Tracey faisaient partie des 35 jeunes leaders venus de toute l’Afrique qui ont participé au programme de renforcement des capacités sur la mobilité climatique mené par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en 2025. Ce programme a permis aux participants d’acquérir des compétences en conception du projet, en mobilisation de ressources, en suivi et évaluation, ainsi qu’en communication pour un impact efficace.

Membres de l’organisation communautaire Dreams Redefined, qui met en œuvre un projet financé par l’OIM visant à renforcer la résilience climatique à Kisumu. Photos : OIM 2026/Wendy Gloria Adhiambo 

Dans le cadre de ce programme, l’OIM a lancé un appel à projets compétitif, invitant les participants à transformer les idées développées pendant la formation en solutions concrètes de mobilité climatique. À l’issue d’un processus d’évaluation rigoureux, les deux organisations ont été sélectionnées comme lauréates dans la région Afrique de l’Est, de la Corne de l’Afrique et d’Afrique australe et ont chacune reçu 15 000 dollars américains pour mettre en œuvre leurs projets.

« La formation nous a aidés à comprendre que la mobilité climatique n’est pas un défi futur ; c’est une réalité d’aujourd’hui », explique Cadeau. « Recevoir ce soutien a renforcé notre détermination à persévérer et à démontrer ce que les solutions menées par les jeunes peuvent accomplir. »

Pour ces deux organisations, cette subvention a renforcé leur confiance en leur capacité à mener une action pour l’ au sein de leurs communautés. En concevant leurs propres projets et en les faisant passer du stade de l’idée à celui de la mise en œuvre, ces jeunes leaders démontrent que l’action pour le climat est plus efficace lorsqu’elle est menée au niveau local et ancrée dans les réalités de la communauté.

Au-delà des deux initiatives, une chose est claire : lorsque les jeunes disposent des connaissances, des ressources et des opportunités adéquates, ils ne se contentent pas de réagir aux impacts du changement climatique. Ils aident les communautés à s’adapter, à se relever et à construire un avenir plus résilient.

Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’une initiative régionale plus large visant à renforcer les réponses menées par les jeunes face à la mobilité climatique. Le travail de l’OIM est soutenu par le ministère des Affaires étrangères du Danemark à travers le Programme sur les données relatives au changement climatique et aux migrations (CCMD), soulignant l’importance des partenariats pour faire progresser des solutions locales et viables face à la mobilité climatique.

Distribué par African Media Agency (AMA) pour OIM ONU Migration

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