Written by: Samira Njoya
Fort de la progression rapide des paiements numériques ces dernières années, le Sénégal cherche désormais à étendre leur usage au secteur de la santé. L’objectif est de moderniser les services, sécuriser les transactions et améliorer l’expérience des usagers.
Le ministère sénégalais de la Santé et de l’Hygiène publique a signé le lundi 15 juin à Dakar une convention‑cadre avec Orange Finance Mobile Sénégal (OFMS) pour accélérer la numérisation des paiements dans les établissements publics de santé. L’initiative vise à simplifier les démarches des usagers, améliorer la gestion financière des structures sanitaires et renforcer l’accès aux services de santé à travers le pays.
Dans le cadre de ce partenariat, les deux parties prévoient d’élargir l’utilisation des solutions de paiement électronique dans les hôpitaux, centres de santé et autres établissements publics. Selon les autorités, cette évolution devrait permettre de réduire les paiements en espèces, d’améliorer la traçabilité des transactions et de sécuriser davantage les recettes des structures sanitaires.
Orange Finance Mobile Sénégal est déjà présent dans plus de 600 pharmacies et plus de 200 structures de santé publiques et privées du pays. L’opérateur entend s’appuyer sur son réseau et son expertise dans les services financiers numériques pour faciliter les paiements de soins, y compris dans les zones éloignées où l’accès aux services bancaires demeure limité.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte progression des paiements numériques au Sénégal. Selon les données relayées par la BCEAO, le pays est devenu en 2024 le premier marché de monnaie électronique de l’UEMOA, représentant 24,1 % du volume régional des transactions. Le mobile money constitue désormais l’un des principaux moteurs de l’inclusion financière dans le pays. La dynamique se reflète également dans les performances des opérateurs. Le service Orange Money revendiquait 13 millions de clients actifs en 2025 et près de 3,8 milliards de transactions réalisées au cours de l’année, illustrant l’ancrage croissant des paiements dématérialisés dans les usages quotidiens des Sénégalais.
La convention s’inscrit plus largement dans l’Agenda Sénégal 2050 et le New Deal Technologique, qui placent le numérique au cœur de la modernisation des services publics. Pour le gouvernement, la numérisation des paiements devrait contribuer à améliorer la gouvernance des établissements de santé, renforcer la transparence dans la gestion des ressources et faciliter l’accès des citoyens à des services publics plus efficaces.
Samira Njoya
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