Written by: Samira Njoya
Le gouvernement guinéen est engagé dans un processus de transformation numérique pour soutenir le développement socio‑économique. Pour garantir cette transformation, l’exécutif doit notamment renforcer la sécurité du cyberspace national.
La Guinée poursuit le renforcement de son dispositif de sécurité numérique. Le mercredi 21 janvier, la primature a annoncé la réhabilitation complète et l’équipement de la Direction de la cybercriminalité et de la lutte contre les traces technologiques, une initiative financée par le Budget national de développement (BND). Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu dans les nouveaux locaux, aux côtés du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Bachir Dial.
Implantée au quartier Minière, dans la commune de Dixinn, l’infrastructure comprend un bâtiment moderne de type R+2, conçu pour répondre aux exigences techniques des enquêtes numériques. Inauguré officiellement le 17 décembre 2025, le site est désormais doté d’équipements spécialisés destinés à l’analyse des traces technologiques, à la collecte de preuves numériques et au traitement des infractions liées aux technologies de l’information.
Cette modernisation intervient alors que la cybersécurité occupe une place stratégique dans les politiques publiques guinéennes. Avec la digitalisation progressive des services administratifs, la montée des paiements électroniques et l’essor des usages numériques, les risques liés aux attaques informatiques, à l’usurpation d’identité et aux escroqueries en ligne se multiplient. Les autorités entendent ainsi adapter les capacités opérationnelles de la Police nationale à un environnement numérique en constante évolution.
Dans son Global Cybersecurity Index 2024, l’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne que les pays doivent accorder une attention soutenue à la cybersécurité s’ils souhaitent tirer pleinement parti du potentiel des technologies de l’information et de la communication. À ce titre, la Guinée est classée dans la troisième des cinq catégories de performance établies par l’institution onusienne. Le pays affiche des résultats solides en matière de cadre légal et organisationnel, avec des scores respectifs de 16,27 et 14,38 sur 20, tout en faisant face à des marges de progression sur les plans technique et opérationnel.
À travers cet investissement, la Guinée ambitionne de renforcer l’efficacité de la lutte contre la cybercriminalité, d’améliorer la formation des agents spécialisés et de consolider la confiance des citoyens dans les services de sécurité. À terme, ce dispositif devrait sécuriser les usages numériques, accompagner la transformation digitale du pays et offrir un environnement plus sûr aux acteurs économiques engagés dans le développement du numérique.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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