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Written by: Samira Njoya

Face aux limites d’accès au savoir et à la fragmentation des données universitaires, la RDC mise sur le numérique pour moderniser son enseignement supérieur. Une réforme qui vise à améliorer l’efficacité du système et l’inclusion des étudiants.

La République démocratique du Congo (RDC) enclenche la structuration numérique de son enseignement supérieur. Le lundi 30 mars à Kinshasa, le gouvernement a mis en service le portail numérique du secteur de l’enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovations (ESURSI), intégrant la première Bibliothèque numérique nationale. La plateforme ouvre un accès unifié aux ressources pédagogiques et scientifiques pour les étudiants, enseignants et chercheurs.

Soutenue par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), l’infrastructure s’inscrit dans une logique de réduction des inégalités d’accès au savoir, notamment entre zones urbaines et rurales.

Déjà opérationnel, le portail propose plusieurs services, parmi lesquels la gestion des parcours académiques, l’identification des étudiants, le traitement des équivalences, ainsi que des modules liés aux bourses et aux évaluations. Il pose ainsi les bases d’un système harmonisé et sécurisé à l’échelle nationale.

« Dans une approche progressive, ce portail intégrera également une plateforme nationale d’enseignement ouvert et à distance, pour démocratiser l’accès à la formation, un système d’archivage des productions scientifiques […] et des services numériques avancés pour accompagner la gestion académique », a indiqué la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, Marie-Thérèse Sombo.

Au-delà de l’accès au contenu, la réforme vise à améliorer la gouvernance du système universitaire. La centralisation des données doit permettre de mieux tracer les parcours, de fiabiliser les diplômes et de réduire la dispersion des systèmes d’information. L’adhésion de la RDC à l’initiative « Gateways », portée par l’UNESCO et l’UNICEF, inscrit cette transformation dans un cadre aligné sur les standards internationaux.

Reste un défi majeur : les infrastructures numériques. Fin 2025, la RDC comptait 34,7 millions d’internautes, soit un taux de pénétration de 30,5 % selon DataReportal. Dans ce contexte, l’accès au haut débit et l’appropriation des outils numériques par les administrations et le corps académique seront déterminants. L’enjeu est désormais de passer d’un outil technique à un levier effectif de modernisation, capable de soutenir la gouvernance publique, la production scientifique et, à terme, l’écosystème numérique national.

Samira Njoya

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