Written by: Isaac K. Kassouwi
L’adoption des services de téléphonie mobile, d’Internet et de mobile money s’accélère en Afrique. Cette dynamique favorise toutefois la multiplication des cas de cybercriminalité, entraînant des pertes estimées à plusieurs milliards de dollars.
La Direction générale de la police du Sénégal (DGPN) a procédé, le jeudi 12 février, au lancement officiel de la plateforme de signalement des infractions cybercriminelles. Accessible via signalementcyber.dgpn.sn, cette initiative vise à faciliter la dénonciation et le suivi des actes de cybercriminalité, en pleine progression. Un accent particulier est mis sur la protection des enfants en ligne.
La plateforme permet de signaler, de manière sécurisée et confidentielle, une large gamme d’infractions numériques. Il s’agit notamment des escroqueries, de la diffusion non autorisée de contenus, de la diffusion de contenus obscènes, du harcèlement en ligne, de la diffamation, de l’extorsion numérique, de la cyberpédopornographie, des contenus haineux, de l’intrusion dans un système informatique, du piratage de comptes, de l’usurpation d’identité, du SIM Swap, de l’escroquerie sentimentale, des faux investissements, des arnaques mobile money, de l’accès frauduleux à un compte mobile money, des faux recrutements en ligne, des paiements frauduleux et des fausses ventes en ligne.
« Le dispositif offre aux victimes la possibilité d’effectuer un pré-signalement en ligne avant de formaliser, le cas échéant, une plainte auprès des services compétents, facilitant ainsi l’accès à la justice et la prise en charge rapide des dossiers. Développée en interne par des ingénieurs de la police nationale, la plateforme de signalement en ligne des infractions cybercriminelles constitue un levier majeur de la réforme du secteur public et du renforcement de la police de proximité », a déclaré le directeur adjoint de la police judiciaire, Moustapha Diouf, cité par le média local SocialNetLink.
Ce lancement intervient dans un contexte africain de transformation numérique accélérée, marqué par une adoption croissante des services de télécommunications, d’Internet et des réseaux sociaux. Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une recrudescence des infractions en ligne, notamment des arnaques financières et des atteintes aux données personnelles. Selon Interpol, les incidents de cybersécurité sur le continent auraient entraîné des pertes financières estimées à plus de 3 milliards USD entre 2019 et 2025.
Au Sénégal, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la cybersécurité, considérée comme une condition indispensable pour tirer pleinement profit de la transformation numérique, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). Dans son Indice mondial de cybersécurité 2024, l’organisation classe le pays au troisième palier, avec des performances jugées satisfaisantes en matière de cadre réglementaire, de mesures techniques et de coopération. Des efforts restent toutefois à fournir dans le développement des capacités et le renforcement des mesures organisationnelles.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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