[DIGITAL Business Africa] – La sécurité, la stabilité et la souveraineté de l’Internet camerounais étaient au cœur des échanges du 6e Forum national du Domain Name System (DNS), organisé du 17 au 19 juin 2026 à Yaoundé par l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC).

Placée sous le thème « Sécurité et stabilité du DNS : fondement d’un Internet de qualité au Cameroun », cette rencontre réunit les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs d’accès à Internet, les bureaux d’enregistrement de noms de domaine, les hébergeurs ainsi que l’ensemble des acteurs de l’écosystème Internet national.

L’objectif est double : renforcer la sécurisation des infrastructures Internet critiques du pays et accélérer l’adoption des nouvelles technologies indispensables au développement de l’économie numérique camerounaise.

Le DNS, une infrastructure critique souvent méconnue

Le Domain Name System (DNS) constitue l’un des piliers du fonctionnement d’Internet. Comparable à un annuaire numérique mondial, il permet de traduire les noms de domaine en adresses IP compréhensibles par les machines.

Pour l’ANTIC, la sécurisation de cette infrastructure est devenue une priorité nationale face à la multiplication des cyberattaques visant les internautes, les entreprises et les administrations publiques.

Ouvrant les travaux du forum, le directeur général de l’ANTIC, le professeur Ebot Ebot Enaw, a souligné que la sécurité et la stabilité du DNS constituent désormais des enjeux stratégiques pour la souveraineté numérique du Cameroun.

Le DNSSEC pour lutter contre les faux sites web

L’un des principaux axes de travail du forum porte sur l’accélération du déploiement des DNS Security Extensions (DNSSEC), une technologie qui permet de protéger les internautes contre les détournements de trafic et les usurpations de sites web.

Grâce au DNSSEC, les utilisateurs peuvent s’assurer qu’ils accèdent effectivement au site Internet légitime recherché et non à une copie frauduleuse mise en place par des cybercriminels.

Selon l’ANTIC, cette technologie permet notamment d’empêcher la redirection des internautes vers des plateformes malveillantes conçues pour voler des données personnelles, des identifiants de connexion ou des informations bancaires.

Après le déploiement réussi du DNSSEC au Cameroun en 2025, l’ambition affichée est désormais d’atteindre un taux de validation national de 100 % d’ici la fin de l’année 2026.

L’urgence du passage à l’IPv6

L’autre sujet majeur abordé lors de ce forum est la transition du protocole Internet IPv4 vers IPv6.

Pour le directeur général de l’ANTIC, cette migration est devenue incontournable compte tenu de l’explosion du nombre d’équipements connectés et de l’essor de l’Internet des objets (IoT), des capteurs intelligents, des services numériques et des villes connectées.

Conçu à une époque où les équipements connectés étaient relativement peu nombreux, l’IPv4 atteint aujourd’hui ses limites en matière de disponibilité d’adresses Internet.

« L’avenir de l’économie numérique camerounaise dépend largement de notre capacité à adopter des technologies capables d’accompagner la croissance exponentielle des équipements connectés », a expliqué le professeur Ebot Ebot Enaw.Sécurité Internet : l’ANTIC vise 100 % de validation DNSSEC et presse les opérateurs de migrer vers l’IPv6

Au-delà de la pénurie d’adresses, l’ANTIC relève également que le partage massif d’adresses IPv4 complique les investigations numériques et les enquêtes de cybersécurité. Plusieurs utilisateurs peuvent parfois être associés à une même adresse IP publique, ce qui complique l’identification précise des activités malveillantes.

À l’inverse, l’IPv6 offre un espace d’adressage quasiment illimité permettant à des milliards d’équipements de disposer chacun d’une adresse unique et de se connecter directement à Internet de manière plus sécurisée.

Un enjeu pour la transformation numérique du Cameroun

Pour l’ANTIC, la généralisation du DNSSEC et la migration vers l’IPv6 constituent désormais deux chantiers structurants pour l’avenir numérique du Cameroun.

Ces technologies sont appelées à soutenir la transformation numérique de l’administration publique, le développement du commerce électronique, la croissance des services numériques, la cybersécurité nationale ainsi que l’émergence de nouveaux usages liés à l’intelligence artificielle et à l’Internet des objets.

Le régulateur technique du numérique invite ainsi les opérateurs de télécommunications, les fournisseurs d’accès à Internet et l’ensemble des acteurs de l’écosystème à accélérer leurs investissements et leurs déploiements afin de garantir un Internet plus sûr, plus résilient et mieux préparé aux défis de l’économie numérique de demain.Sécurité Internet : l’ANTIC vise 100 % de validation DNSSEC et presse les opérateurs de migrer vers l’IPv6

Vers une souveraineté numérique renforcée

Au-delà des aspects techniques, cette sixième édition du Forum national DNS traduit également la volonté des autorités camerounaises de renforcer la souveraineté numérique du pays.

Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des cybermenaces, la sécurisation des infrastructures Internet critiques apparaît désormais comme une condition essentielle pour protéger les citoyens, les entreprises et les institutions publiques, tout en consolidant les fondements de l’économie numérique nationale.

Par Digital Business Africa