Written by: Samira Njoya
Le numérique occupe une place croissante dans les politiques publiques sénégalaises, traduisant les ambitions de modernisation et de souveraineté technologique du pays. Dans ce contexte, le ministère connaît un changement de nom et de direction avec la nomination d’un nouveau responsable à sa tête.
La composition du nouveau gouvernement sénégalais a été dévoilée le lundi 1er juin. Parmi les nominations de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo, celle de Samba Diouf (photo) au poste de ministre des Télécommunications et du Numérique attire particulièrement l’attention. Il succède à Alioune Sall à la tête d’un département qui change également de configuration institutionnelle, le numérique étant désormais dissocié du portefeuille de la Communication.
Cette réorganisation traduit l’importance croissante accordée au numérique dans les politiques publiques sénégalaises. Le nouveau ministre hérite ainsi d’un secteur placé au cœur des ambitions économiques et de souveraineté technologique des autorités.
Un spécialiste de la transformation numérique
Avant son entrée au gouvernement, Samba Diouf occupait les fonctions de ministre‑conseiller chargé du Numérique auprès du président de la République. Son parcours professionnel s’est principalement construit dans les domaines de la transformation numérique, des télécommunications et des services financiers.
Il a notamment exercé des responsabilités au sein de plusieurs groupes technologiques internationaux tels que Huawei, IBM, Oracle, Atos et Ericsson. Au cours de sa carrière, il a piloté des projets de transformation numérique touchant aussi bien les administrations publiques que les opérateurs télécoms et les institutions financières.
Son profil se distingue également par une double compétence technique et managériale. Titulaire d’un master en physique, d’un master en ingénierie des systèmes d’information et de communication, d’un Executive MBA en stratégie d’entreprise ainsi que d’un MBA en finance, il dispose d’une expertise couvrant à la fois les enjeux technologiques, de gouvernance et de développement des affaires.
Des chantiers stratégiques à poursuivre
L’arrivée de Samba Diouf intervient deux mois après le premier anniversaire du New Deal Technologique et le lancement de ses projets structurants. Lancé l’année précédente, ce programme repose sur 12 projets prioritaires et mobilise des investissements évalués à près de 1100 milliards de francs CFA (1,95 milliard $) entre 2025 et 2034. Il vise notamment à renforcer la connectivité, développer les services publics numériques, soutenir l’économie numérique et améliorer la souveraineté technologique du pays.
Les défis restent toutefois nombreux. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), si le Sénégal figure parmi les 15 pays africains les plus avancés en matière de services numériques en 2025, des disparités persistent dans l’accès à Internet, notamment entre zones urbaines et rurales. Les questions de cybersécurité, d’identité numérique, de développement de l’intelligence artificielle et d’accompagnement des start‑up technologiques figurent également parmi les priorités du secteur.
À la tête d’un ministère désormais entièrement consacré aux télécommunications et au numérique, Samba Diouf devra transformer les ambitions affichées par les autorités en réalisations concrètes, dans un contexte où le numérique est appelé à jouer un rôle croissant dans la compétitivité économique du Sénégal et la modernisation de l’action publique.
Samira Njoya
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