Written by: Adoni Conrad Quenum
En misant sur WhatsApp et l’IA, AskMandla entend simplifier l’accès aux services numériques pour les populations encore éloignées des plateformes traditionnelles et confrontées à diverses barrières administratives.
En Afrique du Sud, AskMandla mise sur WhatsApp pour structurer le secteur de l’emploi domestique.
La plateforme développe des outils numériques permettant aux ménages employeurs de gérer contrats, fiches de paie, déclarations administratives et suivi salarial directement depuis l’application. Basée à Stellenbosch, elle a été lancée en 2025 par Peter Adolphs, qui en est le président-directeur général.
La solution cible 1,6 million de travailleurs domestiques sud-africains, dont une grande partie évolue encore sans contrat formel, sans historique d’emploi documenté ou sans accès aux mécanismes classiques de protection sociale. Ainsi, AskMandla transforme des procédures administratives souvent complexes en conversations WhatsApp.
Les employeurs peuvent générer des contrats conformes à la législation sud-africaine, gérer les déclarations UIF (Unemployment Insurance Fund), générer des fiches de paie numériques et suivre les congés des employés.
« L’infrastructure fintech existante destinée aux travailleurs sud-africains à faibles revenus est vraiment de bonne qualité. Mais elle s’arrête aux portes de l’employeur officiel », a indiqué Ean Barnard, responsable du développement chez AskMandla. Et d’ajouter : « AskMandla est la passerelle qui permet au travailleur employé à domicile de franchir ce seuil. Une fois que nous avons officialisé la relation, par le biais d’un contrat, d’une inscription à l’UIF et d’une fiche de paie mensuelle, ce travailleur devient pour la première fois visible au sein du système financier officiel ».
Pour les travailleurs domestiques, la plateforme ambitionne surtout de créer une identité financière formelle. Les fiches de paie et historiques d’emploi générés via AskMandla peuvent servir de preuve de revenus auprès des banques ou d’autres institutions financières. La start-up propose également un service permettant aux travailleurs d’accéder par anticipation aux salaires déjà acquis, connu sous le nom d’Earned Wage Access.
L’entreprise s’appuie sur un modèle « WhatsApp-first », jugé plus adapté aux usages locaux que les applications classiques. Aucun téléchargement supplémentaire n’est nécessaire, un choix stratégique dans un marché où WhatsApp constitue souvent le principal point d’accès aux services numériques.
Au-delà de la gestion des ressources humaines, AskMandla illustre aussi l’émergence de start-up africaines cherchant à formaliser des pans entiers de l’économie informelle grâce aux outils numériques. En Afrique du Sud, où le secteur du travail domestique génère plusieurs milliards de rands chaque année, la numérisation de ce secteur pourrait contribuer à renforcer l’inclusion financière et sociale des travailleurs concernés.
Adoni Conrad Quenum
Edité par M.F. Vahid Codjia
Lire aussi:
Ouganda : EduBridge Africa rapproche les étudiants africains des universités internationales
