Written by: Samira Njoya
La numérisation des services financiers gagne du terrain en Algérie. Entre hausse du nombre de cartes bancaires, déploiement des terminaux de paiement et progression des transactions électroniques, le pays cherche à installer durablement les usages numériques dans l’économie.
L’Algérie poursuit l’accélération de sa transition vers les paiements numériques. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a annoncé le jeudi 14 mai devant le Conseil de la nation que le pays comptait, à fin mars 2026, plus de 22 millions de cartes de paiement en circulation, dont près de 18 millions de cartes Edahabia émises par Algérie Poste. Cette progression s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités pour renforcer l’inclusion financière et moderniser les services de paiement.
Les chiffres communiqués par le ministère témoignent de cette progression. Le parc national de distributeurs automatiques de billets a atteint 4713 appareils à fin mars 2026, pour environ 235 millions d’opérations enregistrées. Le nombre de terminaux de paiement électronique (TPE) dépasse désormais les 104 000 unités, contre environ 68 000 à fin 2024, traduisant une accélération importante du déploiement des équipements chez les commerçants.
L’utilisation des moyens de paiement numériques progresse également en valeur. Selon les données du GIE Monétique, les paiements électroniques réalisés via TPE, Internet et mobile ont atteint 939 milliards de dinars (7 milliards $) en 2025, en hausse de 46 % sur un an. Les paiements sur Internet ont particulièrement progressé, avec plus de 27 millions de transactions enregistrées pour une valeur dépassant 145 milliards de dinars. Les transferts d’argent via mobile ont eux aussi connu une forte croissance, stimulés notamment par les applications BaridMob et Wimpay.
Cette dynamique est portée par plusieurs réformes engagées ces dernières années. Les autorités ont notamment créé, en 2024, une Commission nationale des moyens de paiement électronique afin d’accélérer le développement de la monétique et d’améliorer la sécurité des transactions. En parallèle, l’extension des services publics numériques, l’essor du commerce électronique et la généralisation progressive des paiements en ligne contribuent à modifier les habitudes de consommation dans un pays historiquement dominé par les paiements en espèces.
Le développement du e-paiement reste toutefois confronté à plusieurs défis. Malgré l’augmentation rapide du nombre de cartes et de TPE, l’usage du cash demeure largement dominant dans l’économie algérienne. Selon des données relayées récemment par le GIE Monétique, moins de 10 % des commerçants du pays disposent actuellement d’un terminal de paiement électronique.
Les autorités misent néanmoins sur la poursuite de la numérisation des services financiers pour accélérer l’adoption des paiements électroniques. Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse la simple modernisation des transactions : il s’agit aussi de réduire l’économie informelle, d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de favoriser une plus grande inclusion financière dans le pays.
Samira Njoya
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