Written by: Samira Njoya
L’Éthiopie prévoit d’intégrer 90 millions de citoyens à son système d’identité numérique à l’horizon 2030, un projet structurant pour sa numérisation. Les résultats déjà enregistrés renforcent son attractivité et incitent d’autres pays africains à recourir à son expertise.
L’Éthiopie et le Mozambique ont signé, le lundi 27 avril à Addis‑Abeba, un protocole d’accord portant sur le développement de l’identité numérique et des infrastructures numériques publiques (DPI). L’accord a été conclu entre l’Agence de transformation et d’innovation numériques du Mozambique (ATDI) et FaydaVerse Digital Solutions Enterprise, une entité publique éthiopienne chargée de valoriser à l’international l’expertise du pays en matière d’identification numérique.
D’une durée de trois ans, renouvelable, ce partenariat établit un cadre de coopération technique destiné à développer des systèmes d’identité numérique sécurisés, inclusifs et fondés sur des normes ouvertes. L’objectif est de permettre aux citoyens mozambicains de s’identifier et d’accéder aux services publics ou privés à distance, sans contrainte de déplacement physique.
Dans ce cadre, l’Éthiopie fournira une assistance technique au Mozambique, incluant le partage d’architectures technologiques, la formation des équipes locales et la mise en œuvre de projets pilotes. Les deux parties entendent également renforcer l’interopérabilité des systèmes gouvernementaux et développer des solutions adaptées en matière de cybersécurité. Le partenariat met par ailleurs l’accent sur la souveraineté technologique, un enjeu croissant pour les États africains. Il vise à garantir une maîtrise locale des systèmes numériques et des données, tout en réduisant la dépendance vis‑à‑vis des fournisseurs étrangers.
Le choix de l’Éthiopie n’est pas anodin. Ces dernières années, le pays s’est imposé comme l’un des plus avancés du continent en matière d’identité numérique grâce au programme « Fayda », son système national d’identification. Lancé pour attribuer à chaque citoyen une identité unique et sécurisée, ce dispositif a déjà permis d’enregistrer plus de 42 millions de personnes et de poser les bases d’un écosystème numérique intégré.
Conçu pour être interopérable avec les services publics et privés, le système facilite notamment l’accès aux prestations sociales, aux services financiers et aux plateformes administratives en ligne. Cette avancée positionne aujourd’hui l’Éthiopie comme un modèle émergent en matière d’infrastructures numériques publiques en Afrique.
Au‑delà de ses aspects techniques, cette initiative illustre la montée en puissance de la coopération Sud‑Sud dans le domaine du numérique. Alignée sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, elle témoigne d’une volonté croissante des pays africains de mutualiser leurs expertises afin d’accélérer la transformation numérique du continent et de construire une économie numérique plus intégrée.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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