Written by: Samira Njoya
Au Burkina Faso, la montée en puissance des usages numériques contraste avec un manque de profils qualifiés dans les métiers du numérique. Alors que des millions d’emplois exigeront des compétences numériques en Afrique d’ici 2030, le pays explore de nouveaux partenariats pour accélérer la formation.
La ministre burkinabè de la Transition digitale, Aminata Zerbo/Sabane (photo, à droite), a échangé le jeudi 28 avril à Bobo-Dioulasso avec Natalia Krasovskaia (photo, à gauche), directrice exécutive du Centre de diplomatie publique russe. Cette rencontre, tenue en marge de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture, avait pour objectif d’explorer des projets de formation dans des domaines clés comme la cybersécurité et l’intelligence artificielle.
Les deux parties ont évoqué la mise en place de programmes de formation au profit des jeunes Burkinabè. Selon le ministère, une première initiative est déjà déployée à Ouagadougou, où un programme d’enseignement est mis en œuvre dans un lycée régional en partenariat avec une université de Novossibirsk. L’objectif est de former des profils opérationnels, alors que la demande en compétences numériques progresse, portée par la numérisation des services et des entreprises.
D’autres pistes de collaboration sont à l’étude, notamment avec un institut polytechnique privé, afin de renforcer la formation des cadres. Pour le gouvernement, l’enjeu est de structurer une offre locale de compétences capable de soutenir la transformation numérique et de réduire la dépendance à l’expertise étrangère.
Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats du Burkina Faso, avec un accent croissant sur les secteurs technologiques. À travers ce type d’initiatives, les autorités cherchent à jeter les bases d’un écosystème numérique autonome et mieux adapté aux besoins du marché.
Cette collaboration intervient dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur technologique en Afrique. Selon le rapport Foresight Africa 2025–2030 du Brookings Institution, près de 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne nécessiteront des compétences numériques d’ici 2030. Le document anticipe également jusqu’à 650 millions d’opportunités de formation, pour un marché estimé à environ 130 milliards de dollars.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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