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Written by: Samira Njoya

Le gouvernement burkinabè entend accélérer le développement d’une intelligence artificielle adaptée aux réalités locales, en intégrant les langues nationales au cœur de sa stratégie numérique. L’objectif est de réduire les barrières linguistiques qui limitent encore l’accès aux technologies numériques pour une grande partie de la population.

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a engagé le mardi 24 mars des travaux visant à structurer les bases linguistiques nécessaires au développement de solutions d’intelligence artificielle. Les discussions ont notamment porté sur la formalisation de ressources exploitables par les modèles d’IA, en particulier pour quatre langues locales : le mooré, le dioula, le fulfuldé et le gulmancema.

Ces ressources sont essentielles pour concevoir des applications telles que la reconnaissance vocale, la traduction automatique ou encore la synthèse vocale, des technologies clés pour démocratiser l’accès aux services numériques dans un pays marqué par une forte diversité linguistique.

« À travers l’intégration des langues nationales dans les technologies émergentes, le Burkina Faso affirme sa volonté de bâtir une intelligence artificielle inclusive, accessible et adaptée à son contexte socioculturel. Cet atelier s’inscrit pleinement dans les 12 chantiers majeurs de la transformation digitale à l’horizon 2030, notamment le chantier dédié à une intelligence artificielle au service de tous les Burkinabè », informe le ministère.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent. Plusieurs pays africains ont récemment lancé des programmes visant à intégrer les langues locales dans les technologies d’intelligence artificielle. Au Bénin, le projet « JaimeMaLangue » est en cours avec l’ambition de donner aux langues béninoises une existence numérique. Au Nigeria, les autorités ont récemment lancé N-ATLAS v1, un modèle de langage open source développé en partenariat avec Meta. Cette IA prend en charge plusieurs langues locales, dont le yoruba, le haoussa et l’igbo, en plus de l’anglais nigérian, avec l’ambition de réduire la fracture linguistique qui freine l’adoption des technologies sur le continent.

Dans le même temps, des acteurs technologiques internationaux s’intéressent de plus en plus à cette problématique. La filiale de Google dédiée à l’intelligence artificielle pour l’Afrique a récemment lancé le projet Wazal, visant à améliorer la prise en charge des langues africaines dans les modèles d’IA, notamment à travers la collecte de données linguistiques et le développement de systèmes de traduction. La base couvre 21 langues africaines, parmi lesquelles le haoussa, le yoruba, le luganda, l’acholi, le swahili, l’igbo ou encore le peul.

Au Burkina Faso, les autorités misent sur la production de données locales pour bâtir un écosystème d’IA plus souverain. Le projet est conduit en collaboration avec des acteurs publics et des structures de recherche, dans une logique de constitution de corpus fiables, indispensables à l’entraînement des modèles.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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