Written by: Samira Njoya
Alors que plusieurs applications sont déjà utilisées dans les tribunaux malgaches pour gérer les dossiers civils, pénaux et fonciers, les autorités veulent franchir une nouvelle étape dans la modernisation de la justice. Une plateforme dédiée au casier judiciaire est notamment en cours de conception.
Madagascar poursuit la modernisation progressive de son système judiciaire à travers l’extension de ses services numériques. Les autorités judiciaires ont annoncé le mardi 2 juin, à l’occasion du 65e anniversaire de la Cour suprême, une nouvelle phase de cette transformation, marquée par la préparation d’une plateforme dédiée au casier judiciaire. L’initiative est appelée à renforcer la dématérialisation des démarches administratives dans le secteur.
Selon les responsables, plusieurs outils numériques sont déjà déployés dans les juridictions du pays, tels que Logipenal, Logicivil, INFO, PAC, ILO ou encore IGAP. Lesdites plateformes ont pour rôle la gestion des affaires civiles, pénales, commerciales et foncières avec l’objectif d’améliorer le traitement des dossiers, renforcer leur traçabilité et réduire les délais administratifs au sein des tribunaux. Les autorités estiment que cette transformation vise à répondre à l’une des principales attentes des usagers : une justice plus rapide et plus accessible. Le défi reste toutefois d’étendre ces outils à l’ensemble du territoire afin d’assurer une couverture homogène des services judiciaires.
L’intelligence artificielle figure également parmi les technologies étudiées pour accompagner cette transformation. Déjà utilisée dans certaines tâches de recherche et de gestion documentaire, elle pourrait contribuer à améliorer l’efficacité du traitement des dossiers. Les autorités insistent néanmoins sur le fait que ces outils doivent demeurer une aide à la décision et non se substituer au rôle du magistrat.
Dans ce contexte, la Commission malgache de l’Informatique et des Libertés (CMIL) plaide pour un encadrement réglementaire de l’usage de l’intelligence artificielle dans le secteur judiciaire. Les travaux engagés devraient aboutir à l’élaboration d’un cadre destiné à concilier innovation technologique avec la protection des données personnelles et le respect des principes fondamentaux de la justice.
Samira Njoya
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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