Written by: Samira Njoya
Dans un contexte de transformation numérique, la gestion de l’identité devient un enjeu stratégique pour les États. Le Niger mise sur la biométrie pour renforcer la sécurité des documents officiels, améliorer les services administratifs et soutenir sa souveraineté numérique.
Le président du Niger, Abdourahamane Tiani, a officiellement lancé, vendredi 27 mars à Niamey, le processus d’établissement de la carte nationale d’identité biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’initiative marque une étape dans la modernisation des systèmes d’identification et dans le renforcement de la souveraineté numérique du pays.
La carte repose sur un système d’identification biométrique sécurisé, fondé sur la collecte et l’intégration de données personnelles uniques, notamment les empreintes digitales, la photographie faciale numérique et une signature électronique conforme aux standards internationaux. D’après les autorités, ces informations, stockées dans des bases centralisées et sécurisées, doivent permettre d’identifier de manière fiable les citoyens, de réduire les risques d’usurpation d’identité et de faciliter l’accès aux services publics, tout en garantissant l’authenticité des documents délivrés.
Au-delà du document physique, le programme vise à doter le pays d’une infrastructure de données de pointe. Il prévoit notamment la mise en place d’un centre de données moderne et de systèmes sécurisés permettant une gestion centralisée et fiable des ressources nationales. Cette architecture vise également à garantir la souveraineté des données et à améliorer la fiabilité des échanges entre les différentes administrations.
Le projet s’inscrit dans une dynamique amorcée fin 2025, avec son adoption en Conseil des ministres le 26 décembre. Il s’intègre dans la stratégie de transformation numérique portée par l’Alliance des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, et vise à doter ces pays d’infrastructures numériques souveraines. Au-delà de l’équipement technologique, les autorités entendent également développer des compétences locales à travers des programmes de formation, afin d’assurer la pérennité du système et de réduire la dépendance aux solutions extérieures.
Un comité de suivi a été institué pour superviser la production des cartes biométriques et des passeports électroniques (e-passeports), ces derniers étant déjà en phase de finalisation. Le projet bénéficie par ailleurs de l’expertise technique de la société Al Itisal Aljadeed, spécialisée dans les technologies de réseau, les centres de données et les solutions d’identification biométrique.
Samira Njoya
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