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Written by: Samira Njoya

Face à l’essor des nouvelles technologies de défense, en particulier les drones, les armées accélèrent leur transformation pour intégrer ces outils devenus stratégiques. En Afrique, cette évolution suscite un intérêt croissant pour la formation et le renforcement des capacités opérationnelles.

Le Maroc s’apprête à accueillir le premier centre régional américain de formation aux drones en Afrique, selon une annonce récente du général Christopher Donahue, commandant des forces américaines en Europe et en Afrique (USAREUR‑AF). Le projet démarre par une phase pilote lors de l’exercice African Lion 2026, prévu du 20 avril au 8 mai dans le royaume, mené conjointement par l’armée américaine et plusieurs armées africaines.

Porté par ce commandement, le programme vise à doter les armées africaines de compétences opérationnelles dans l’utilisation des drones. Seize militaires issus de pays partenaires participeront à cette première phase de formation, structurée autour de deux volets : l’intégration des drones dans la planification des opérations et la prise en main de différents systèmes de drones.

Cette initiative s’inscrit dans le renforcement de la coopération militaire entre Washington et ses partenaires africains, dans un contexte marqué par la montée en puissance rapide des drones dans les opérations sécuritaires à l’échelle mondiale. De plus en plus accessibles et polyvalents, ces équipements sont désormais utilisés pour des missions de surveillance, de renseignement ou d’intervention, avec un rapport coût‑efficacité généralement supérieur à celui des équipements militaires conventionnels.

Cette dynamique s’accompagne d’une expansion soutenue du marché. Selon le cabinet Fortune Business Insights, le marché mondial des drones militaires pourrait atteindre 30,9 milliards de dollars d’ici 2034, contre 18,2 milliards en 2025 et 20,8 milliards en 2026.

En Afrique, l’intérêt pour ces technologies progresse également, notamment pour répondre aux enjeux de surveillance des frontières, de lutte contre les trafics et de sécurisation des infrastructures. Toutefois, leur adoption reste inégale. Si des modèles légers et accessibles se diffusent progressivement, les systèmes avancés, dotés de capacités de renseignement ou d’intervention, demeurent coûteux pour de nombreux pays.

Samira Njoya

Edité par Sèna D. B. de Sodji

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