
Genève, Suisse, 08 Avril 2026-/African Media Agency(AMA)/- À l’occasion de la Journée mondiale de la santé 2026, placée sous le thème « Unissons‑nous pour la santé. Soutenons la science », l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) met en avant des personnes engagées qui utilisent la science pour améliorer la vie des populations dans la Région africaine.
Pédiatre et experte en santé publique au Cameroun, la Professeure Anne Esther Njom Nlend explique comment la science aide à protéger la santé, surtout celle des mères, des nouveau-nés et des enfants. À travers des exemples concrets issus du contexte africain, elle explique comment les données scientifiques guident les décisions médicales, sauvent des vies et permettent des progrès durables.
Pourquoi est-il important que chacun comprenne le rôle de la science dans notre santé ?
La science est la base d’une médecine de qualité. Même si soigner demande de l’expérience et de l’humanité, les décisions médicales doivent s’appuyer sur des données fiables et à jour. C’est ce qu’on appelle la médecine fondée sur les preuves : elle permet de s’assurer que chaque intervention apporte plus de bénéfices que de risques, tout en tenant compte de la sécurité, de l’acceptation par les patients et du coût.
Grâce à la recherche, les traitements, les vaccins et les méthodes de prévention sont testés, évalués et améliorés. Lorsqu’une intervention est recommandée, c’est parce qu’elle a prouvé son efficacité et sa sécurité après des étapes rigoureuses. Ces résultats sont ensuite transformés en recommandations utilisées par les professionnels de santé pour améliorer la durée et la qualité de vie des patients.
Comment les données et la recherche améliorent-elles les décisions au quotidien pour les mères et les nouveau-nés ?
Les recommandations médicales reposent sur différents niveaux de preuves scientifiques. Aujourd’hui, les données les plus fiables viennent de grandes études et de recherches qui regroupent les résultats de nombreux essais. Cela permet de comparer les traitements et de choisir les plus efficaces.
Dans la santé maternelle et néonatale, la recherche a adapté les pratiques aux réalités locales. Par exemple, des études ont montré que la méthode de la mère kangourou — qui consiste à placer le nouveau-né en contact peau à peau avec sa mère — améliore nettement les chances de survie des bébés de petit poids.
Pour le VIH, on sait maintenant que si une mère suit bien son traitement et que le virus est indétectable dans son sang, le risque de transmettre le virus à son enfant, même pendant l’allaitement, devient très faible.
Quels sont encore les principaux obstacles à l’accès des enfants à des soins de qualité dans notre région ?
Les obstacles sont nombreux. Le premier est souvent financier : même lorsque les services existent, certaines familles ont du mal à y accéder. À cela s’ajoutent des difficultés géographiques, mais aussi des facteurs sociaux et culturels qui influencent le recours aux soins.
Notre expérience montre que réduire les coûts améliore l’utilisation des services. Toutefois, cela ne suffit pas. La désinformation, les fausses croyances ou la méfiance envers certains soins, comme la vaccination, peuvent freiner l’accès aux services. C’est pourquoi la communication, l’écoute et l’implication des communautés sont essentielles, ainsi qu’une bonne organisation du système de santé pour éviter les ruptures de produits et de médicaments.
Quels progrès majeurs la recherche a-t-elle permis en Afrique, notamment pour le VIH pédiatrique et la santé néonatale ?
Les progrès sont importants. En Afrique, la recherche a permis de réduire fortement les nouvelles infections pédiatriques par le VIH. Grâce à l’amélioration des traitements et à l’approche « tester et traiter », le nombre de nouvelles infections chez les enfants a beaucoup diminué dans le monde. Aujourd’hui, des enfants nés avec le VIH peuvent grandir, devenir adultes, fonder une famille et avoir des enfants non infectés. C’est une avancée majeure rendue possible par la science.
En santé néonatale, la vaccination des mères a presque fait disparaître le tétanos néonatal. D’autres pratiques simples, basées sur des preuves — comme le lavage des mains, le clampage tardif ou la coupe tardive du cordon ombilical, ainsi que la formation à la réanimation néonatale — ont aussi amélioré la survie des nouveau-nés.
Que peut faire chaque citoyen pour contribuer à une meilleure santé pour tous ?
La santé commence dans la communauté. Chacun peut agir en adoptant des comportements favorables à la santé : avoir de bonnes habitudes d’hygiène, se faire soigner rapidement, se protéger des maladies.
Il est aussi important de s’informer auprès de sources fiables, de lutter contre la désinformation et de soutenir les actions de santé locales. Enfin, les communautés ont un rôle à jouer dans le suivi des projets de recherche menés avec elles, car elles en sont les premières bénéficiaires.
Comme le rappelle l’OMS, la santé pour tous dépend de l’engagement de chacun.
Distribué par African Media Agency (AMA) pour l’Organisation Mondiale de la Santé
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