Written by: Samira Njoya
Face aux mutations technologiques dans le secteur médical, la formation des professionnels de santé évolue vers des modèles plus interactifs. L’objectif est de combiner compétences pratiques et maîtrise des outils numériques pour répondre aux nouveaux besoins des systèmes de santé.
Le département de pharmacie de l’Université d’Abomey-Calavi a mis en service, le lundi 27 avril, un centre de simulation dédié à la formation pratique des étudiants en sciences pharmaceutiques. Baptisé « Pharm Expérience », ce dispositif vise à rapprocher l’apprentissage académique des conditions concrètes d’exercice en officine et en milieu hospitalier.
Le centre repose sur une architecture technologique en deux volets complémentaires. Il comprend une salle de dispensation reproduisant une officine moderne et une salle de cours équipée d’outils numériques interactifs. Un système de caméras et de visioconférence permet de suivre en temps réel les scénarios pratiques et jeux de rôle réalisés en simulation, offrant aux étudiants une immersion pédagogique renforcée.
Une approche pour anticiper la solution « e‑pharmacie »
Pour les autorités universitaires, cette innovation vise à élever les standards d’apprentissage en rapprochant la théorie des exigences professionnelles du terrain. Le Prof. Habib Ganfon (photo, au centre), vice-doyen de la pharmacie, souligne que l’ambition est de placer l’apprenant au cœur de la dynamique de changement technologique en cours dans le secteur.
Le centre servira également de base pour familiariser les futurs praticiens avec la solution numérique « e‑pharmacie », actuellement en phase de concrétisation au niveau national. L’objectif est de créer un maillage technologique permettant aux étudiants de maîtriser les outils numériques de gestion pharmaceutique avant leur déploiement généralisé.
Une tendance continentale vers la numérisation de la pharmacie
Au-delà du cas béninois, le développement de solutions numériques dans le secteur pharmaceutique s’accélère sur le continent. Plusieurs pays africains explorent ou encadrent déjà les modèles de pharmacie en ligne et de distribution numérisée des médicaments, dans un contexte marqué par des défis persistants de chaîne d’approvisionnement et d’accès aux produits essentiels.
Selon le rapport « La pharmacie en ligne en Afrique : panorama des réglementations et opportunités d’action » publié en 2023 par le cabinet Salient, cinq pays africains – le Ghana, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda et l’Afrique du Sud – ont déjà adopté des cadres réglementaires ou des directives encadrant les pharmacies en ligne. Le Ghana est allé plus loin en mettant en place une pharmacie électronique nationale pilotée par l’État.
Samira Njoya
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