Written by: Isaac K. Kassouwi
Les autorités zambiennes souhaitent généraliser l’accès à Internet dans le pays, dans le cadre des aspirations de transformation numérique. Cette ambition concerne non seulement les particuliers, mais aussi les établissements publics tels que les écoles et les hôpitaux.
Le gouvernement zambien prévoit de connecter 2500 écoles supplémentaires à Internet d’ici la fin de l’année 2026. L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique du système éducatif.
Dans ce cadre, les entreprises de télécommunications et les institutions financières zambiennes se sont engagées la semaine dernière à soutenir le ministère de l’Éducation dans l’extension de la connectivité Internet dans les écoles à travers le pays. Cet engagement a été pris lors d’une réunion de concertation avec les partenaires consacrée à la connectivité scolaire.
« La collaboration a permis à des salles de classe autrefois limitées en ressources d’introduire aujourd’hui les apprenants aux outils numériques. Les enseignants élargissent leurs méthodes. Les élèves accèdent à des connaissances qui dépassent largement leur environnement immédiat », a déclaré Noriana Muneku, secrétaire permanente chargée de l’Administration au ministère de l’Éducation.
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités zambiennes misent sur la technologie pour soutenir le développement socio-économique dans l’ensemble des secteurs. Dans le domaine de l’éducation, cette ambition est mise en œuvre en partenariat avec des acteurs privés et des organisations internationales.
Le ministère de l’Éducation estime notamment que les écoles peuvent tirer parti d’un large éventail d’outils TIC pour communiquer, créer, diffuser, stocker et gérer l’information de manière efficace. Les technologies de l’information et de la communication offrent aux apprenants un accès à une vaste gamme de ressources éducatives en ligne, telles que des manuels numériques, des livres électroniques et des logiciels éducatifs spécialisés, disponibles à tout moment et depuis n’importe quel lieu.
« Contrairement aux méthodes d’enseignement traditionnelles, qui peuvent limiter le rythme d’apprentissage, l’intégration des TIC permet aux élèves d’apprendre à leur propre rythme et selon leur propre emploi du temps, leur offrant ainsi la flexibilité nécessaire pour concilier études, activités personnelles ou engagements professionnels », indique le ministère dans son « Education Statistics Bulletin 2025 ».
Dans cette dynamique, le gouvernement a mis en place la plateforme « Digital Learning Passport » en collaboration avec l’UNESCO, l’UNICEF et Microsoft. Elle propose une large gamme de contenus éducatifs, incluant des leçons interactives, des supports audio et vidéo ainsi que des ressources pédagogiques numérisées alignées sur le programme scolaire. En 2024, plus de 300 000 élèves y accédaient pour étudier des matières telles que l’anglais, les mathématiques, les sciences et les études sociales.
Selon les données du ministère de l’Éducation, 8 239 écoles sur les 13 987 que compte le pays disposaient d’un accès à Internet pour des usages administratifs à fin 2025. Cependant, seules 5487 écoles bénéficiaient d’un accès destiné à l’enseignement et à l’apprentissage, tandis que 3276 disposaient d’une connexion jugée fiable.
Cette initiative soulève toutefois plusieurs interrogations, notamment sur la généralisation effective de la connectivité dans les écoles, la fiabilité et la pérennité des réseaux, la disponibilité des équipements TIC, ainsi que les capacités des enseignants et des élèves à utiliser ces outils. L’accès à l’électricité reste également un enjeu majeur : en 2025, 5812 écoles ne disposaient d’aucune alimentation électrique.
Isaac K. Kassouwi
Edité par Sèna D. B. de Sodji
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